La crinière ne pardonne rien
C’est la première chose qu’un juge regarde et la dernière à repousser. Pourquoi la plupart des crinières ne sont pas abîmées par de mauvais produits, mais par trop d’attention.
Il y a un instant juste avant de monter en selle où chaque cavalier fait le même geste : poser la main sur la crinière et la lisser. Un geste que personne n’apprend et que tout le monde connaît. Cela explique aussi pourquoi tant de choses tournent mal ici. Aucun autre poil du cheval n’est touché aussi souvent et compris aussi rarement.
Le crin pousse lentement. Cassez une largeur de main au printemps et vous regarderez encore le vide à l’automne. C’est toute la raison pour laquelle le soin de la crinière relève moins du bon produit que de la retenue.
La plus grosse erreur se cache dans la brosse
Une crinière ne se brosse pas, elle se démêle. Les poils raides en plastique arrachent quelques crins à chaque coup, et pas seulement là où se trouve le nœud, mais partout entre les deux. C’est pourquoi les grooms travaillent du bas vers le haut : d’abord les dix derniers centimètres, avec les doigts, puis une main plus haut, puis la suivante. Ce n’est qu’une fois les pointes libres qu’un peigne s’approche de l’encolure.
Commencez par le haut et vous poussez chaque nœud devant vous jusqu’à ce qu’il se déchire.
Le crin sec casse, le crin humide s’étire. Une fine brume d’eau, une goutte de démêlant dans la paume, puis sur les pointes : cela suffit. Vaporisez toute la crinière et dès le lendemain une pellicule retient la poussière.
Le lavage : moins souvent qu’on ne le pense
Le cuir chevelu du cheval se comporte comme le vôtre. Il produit du sébum qui assouplit le crin, et il en produit davantage à mesure qu’on le lui retire. Une crinière shampouinée chaque semaine devient terne et regraisse plus vite. Toutes les trois à quatre semaines convient à la plupart des chevaux, plus souvent en saison de concours, mais alors avec un produit plus doux.
- Eau tiède, jamais chaude. L’eau chaude soulève la cuticule et le crin perd son éclat.
- Diluez le shampooing dans la main, ne le versez jamais directement sur l’encolure.
- Rincez abondamment, plus qu’il ne semble nécessaire. Les résidus sont la cause la plus fréquente d’une encolure qui pèle.
- Ne frottez pas. Essorez l’eau à plat de la main et laissez sécher à l’air.
Tresser sans sacrifier la crinière
Les tresses de concours sont une tension. Chacune tire sur les mêmes racines, et laissée toute la nuit, elle tire pendant huit heures. D’où la règle chez les grooms : les tresses se font le matin et se défont le soir. Non pas parce que c’est plus joli, mais parce qu’une crinière clairsemée le long de l’encolure met six mois à se reconstituer.
Au quotidien, la tresse lâche est la meilleure réponse. Elle éloigne la crinière de la boue, de la clôture et des pieds du cheval sans tirer sur la racine. Quiconque a une crinière très longue connaît l’association tresse et pause : tressée une fois, laissée deux jours, puis défaite.
Épointer ou couper
En dressage et en saut d’obstacles, la crinière courte et régulière est la norme, car elle allonge l’encolure et tient les tresses. Épointer fait mal à beaucoup de chevaux, et un cheval qui relève la tête dès qu’il voit apparaître le peigne le dit assez clairement. Une lame ou des ciseaux effileurs, utilisés dans le sens de la pousse, donnent la même ligne sans la douleur. La différence ne se voit pas sur la photo. Elle se voit dans la façon dont le cheval se laisse faire.
Une crinière honnêtement entretenue ne se reconnaît pas à son brillant, mais à son épaisseur régulière sur toute sa longueur.
Ce qui aide vraiment
L’éclat vient de l’intérieur et de la tranquillité. Un cheval qui reçoit assez d’huile dans sa ration, assez de mouvement et une crinière que personne ne tripote sans cesse est plus beau après deux mois que n’importe quel cheval vaporisé chaque jour. Les produits ne sont que le dernier pour cent, pas le fondement. Ils doivent permettre au crin de glisser pour qu’il ne casse pas au démêlage, et se rincer sans laisser de résidu. Tout le reste n’est que parfum.
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