Le brillant du cheval western ne sort pas d’un flacon
Le brillant du poil est un résultat, pas un produit. Sur quoi travaille vraiment une écurie de show, ce que le banding coûte à la crinière et d’où vient la décoloration.
Qui arrive pour la première fois sur un show western croit les chevaux vernis. Ce poil profond, presque liquide, passe dans le milieu pour une carte de visite, que la classe s’appelle reining ou western pleasure. La partie sobre : ce qu’on voit en piste s’est construit pendant des semaines, dans la mangeoire et sous le bouchon.
Le brillant n’est pas un produit qu’on applique. C’est un état qu’on rend visible.
La brillance du poil commence dans la mangeoire
Un poil qui brille suppose un cheval dont la digestion, le travail et la mue sont en ordre. Dès qu’il est question de carences et de quantités, la question revient au vétérinaire. Votre moitié du travail est l’autre : faire remonter le sébum le long du poil de couverture pour qu’il renvoie la lumière. Aucun vaporisateur ne fait cela. La friction le fait.
- D’abord l’étrille en petits cercles, elle fait monter la poussière et les squames.
- Ensuite le bouchon, fermement et dans le sens du poil, coup après coup.
- Pour finir un chiffon sur tout le corps, il emporte la dernière poussière.
- Dix minutes par jour valent mieux que trois heures la veille au soir.
Le banding plutôt que les tresses, et ce que la crinière paie
Dans la plupart des classes western, on ne tresse pas, on fait du banding : la crinière est divisée en de nombreuses mèches de largeur égale, chacune serrée par un élastique à la racine pour que l’ensemble repose à plat d’un seul côté de l’encolure. Cela n’a l’air tranquille que si la crinière est de longueur régulière et tombe d’un seul côté. On la tire donc et on l’éclaircit, mais on la coupe rarement aussi court que pour les tresses de dressage.
La facture arrive à la racine. Chaque élastique se place juste à la base du crin, chaque mèche est démêlée avant, et cela avant chaque show, pas une fois par an. Des élastiques laissés en place la nuit feutrent le crin au départ. Des élastiques arrachés au lieu d’être coupés emportent des crins. Après quelques saisons, cela se voit : une encolure dégarnie sur le dessus.
La décoloration vient rarement du seul soleil
Le soleil décolore, cela ne se négocie pas. Mais les taches dont on se plaint en juillet naissent le plus souvent d’une combinaison : de la sueur qui sèche dans le poil après le travail, de la poussière dedans, et par-dessus des heures de lumière crue. Le sel et la saleté agissent comme un accélérateur. S’y ajoute le poil lui-même : un poil d’hiver terne qui reste trop longtemps se décolore plus vite qu’un poil entièrement renouvelé. Les réponses sont peu spectaculaires : laver ou brosser la sueur, de l’ombre et une sortie de nuit, et là où la couleur compte, une couverture légère.
Le show commence six semaines plus tôt
La préparation d’un show western est une chaîne de dates, pas une matinée. On tond assez tôt pour que les lignes de tonte repoussent, on lave la veille et non dans la dernière heure, on fait le banding le soir ou aux premières lueurs. Il reste alors pour le jour du show ce qui y appartient vraiment : dépoussiérer, les pieds, les yeux et les naseaux, seller, monter.
Qui veut encore fabriquer du brillant le matin du show a six semaines de retard.
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