Jambes mouillées, longues nuits
La gale de boue n’est pas un problème de saleté, c’est un problème d’humidité. Comment faire passer le paturon à travers l’hiver avant qu’il ne devienne un cas pour le vétérinaire.
L’automne n’arrive jamais du jour au lendemain. Il s’installe sur deux semaines pendant lesquelles le paddock ramollit, les jambes sont mouillées le soir et personne n’a le temps de les sécher. Ces deux semaines décident si les paturons tiendront en janvier.
Une peau qui reste humide gonfle. Une peau gonflée perd sa barrière, et ce qui reste normalement inoffensif en surface finit par pénétrer. Voilà tout le mécanisme. La saleté seule ne provoque pas la gale de boue. Des jours d’humidité, si.
La boue n’est pas le problème. Les heures qu’elle passe sur la peau le sont.
Le sec vaut mieux que le propre
L’erreur bien intentionnée la plus fréquente, c’est la douche du soir. Elle enlève la boue et laisse exactement ce qui fait mal : une peau humide dans un box frais. Mieux vaut laisser la boue sécher et la brosser le lendemain matin. Si vous devez laver, séchez ensuite soigneusement, jusque dans le pli du paturon, au papier essuie tout s’il le faut.
- Après le lavage, vérifiez à la main : si le paturon semble encore humide, c’est qu’il l’est.
- Ne coupez pas les longs fanons ; ils évacuent l’eau loin de la jambe. Si vous tondez, soyez d’autant plus rigoureux sur le séchage.
- Gardez la litière sèche. Un box humide cause plus de gale de boue qu’un paddock détrempé.
- Ne posez bandages et guêtres que sur des jambes sèches, et retirez-les après le travail.
Comment repérer les débuts
D’abord la peau du pli devient légèrement pelliculeuse, puis de petites croûtes apparaissent, qu’on sent plus qu’on ne les voit. Manipulez les jambes chaque jour et vous le remarquez dès le deuxième jour. Attendez le dixième jour et vous avez déjà une zone enflammée et douloureuse que le cheval préférerait qu’on ne touche pas.
Ce qui aide au quotidien
Le mouvement, parce qu’il fait circuler la lymphe et dégonfle les jambes. Un endroit sec pour se coucher. Et une routine qui ne décape pas constamment la peau : shampouinez les jambes trois fois par semaine et vous enlevez exactement la protection dont elles ont besoin en novembre.
Une barrière fine et respirante dans le pli du paturon peut avoir du sens en saison humide, tant que la peau est intacte. Rien d’occlusif ne doit se poser sur une peau ouverte ou croûteuse.
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